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Les troubles digestifs pendant la chimiothérapie, qu'il s'agisse de constipation ou de diarrhées, sont des effets secondaires fréquents dont on parle peu, mais qui peuvent vraiment compliquer le quotidien. Entre l'inconfort physique, l'anxiété de ne pas trouver de toilettes à temps, et la gêne d'aborder le sujet avec son médecin ou ses proches, ces symptômes peuvent devenir une vraie source de stress. Pourtant, il existe des solutions concrètes pour adapter votre alimentation, organiser vos sorties et oser en parler sans tabou à votre équipe soignante. Cet article vous propose des conseils pratiques pour mieux vivre avec ces troubles digestifs et retrouver un peu de sérénité.
Sommaire :
- Troubles digestifs et chimiothérapie : ce qui se passe dans le corps
- Constipation, diarrhées : adapter alimentation et hydratation
- Troubles digestifs sous chimio : gérer déplacements, travail et sorties
- Quand alerter l'équipe soignante en cas de troubles digestifs
- Conclusion
Troubles digestifs et chimiothérapie : ce qui se passe dans le corps
Pourquoi la chimiothérapie provoque des troubles digestifs

Pour comprendre pourquoi vous souffrez de constipation ou de diarrhées pendant la chimiothérapie, il faut revenir au mode d'action de ces traitements.
La chimiothérapie cible les cellules qui se divisent rapidement, notamment les cellules cancéreuses. Malheureusement, elle affecte aussi d'autres cellules à division rapide dans le corps, dont celles qui tapissent le tube digestif (de la bouche jusqu'à l'intestin). Cette muqueuse intestinale se renouvelle normalement tous les 3 à 5 jours, ce qui explique pourquoi elle est particulièrement sensible aux traitements.
Les conséquences sur la digestion :
- La muqueuse intestinale peut être irritée ou enflammée, ce qui perturbe l'absorption des nutriments et de l'eau
- Le transit intestinal peut être accéléré (diarrhées) ou ralenti (constipation)
- La flore intestinale (les bonnes bactéries qui aident à la digestion) peut être déséquilibrée
D'autres facteurs aggravent ces troubles :
- Certains médicaments anti-nausée peuvent ralentir le transit et provoquer de la constipation
- Les antalgiques à base de morphine (prescrits pour les douleurs) sont également très constipants
- Le stress et l'anxiété liés au diagnostic et aux traitements peuvent perturber le système digestif
- La réduction de l'activité physique ralentit naturellement le transit
- Les modifications alimentaires (perte d'appétit, changements de goûts) affectent aussi la digestion
Il est important de comprendre que ces troubles ne sont pas "dans votre tête" et qu'ils ne sont pas dus à un manque de volonté de votre part. C'est une réaction normale de votre corps face aux traitements.
Constipation et diarrhées : deux réactions opposées mais fréquentes
La constipation pendant la chimio se manifeste par :
- Des selles dures et difficiles à évacuer
- Une fréquence réduite (moins de 3 fois par semaine)
- Une sensation de ballonnement, de ventre gonflé
- Parfois des crampes ou des douleurs abdominales
- Une sensation d'évacuation incomplète
Certains traitements de chimiothérapie sont particulièrement connus pour provoquer de la constipation. Les anti-nauséeux et les antidouleurs opioïdes aggravent souvent ce problème.
La diarrhée pendant la chimio se traduit par :
- Des selles liquides ou très molles
- Une fréquence augmentée (plus de 3 fois par jour)
- Parfois des crampes abdominales, des nausées
- Un besoin urgent d'aller aux toilettes
- Une sensation de fatigue accrue (la diarrhée déshydrate)
Certaines molécules de chimiothérapie (notamment les fluoropyrimidines, l'irinotécan) sont plus susceptibles de provoquer des diarrhées.
Il est possible d'alterner : certaines personnes connaissent des phases de constipation suivies de phases de diarrhées, en fonction des cycles de traitement ou des médicaments associés.
Dans tous les cas, ces troubles digestifs liés à la chimiothérapie méritent d'être pris au sérieux et traités, car ils peuvent vraiment affecter votre qualité de vie et, dans les cas sévères, nécessiter une prise en charge médicale rapide.
Constipation, diarrhées : adapter alimentation et hydratation
Exemples de menus et boissons à privilégier avec constipation
Si vous souffrez de constipation pendant votre chimiothérapie, l'alimentation peut vraiment vous aider à améliorer la situation.
Les principes de base :
- Augmenter progressivement les fibres dans votre alimentation
- Boire suffisamment d'eau tout au long de la journée
- Privilégier les aliments qui stimulent le transit
Exemple de journée "anti-constipation" :
Petit-déjeuner :
- 2 pruneaux réhydratés dans de l'eau tiède
- Un bol de flocons d'avoine avec des fruits frais (kiwi, poire...)
- Une boisson chaude (thé, café léger, chicorée)
- Ou : pain complet + beurre + confiture, avec un jus d'orange frais
Déjeuner :
- Salade de crudités (carottes râpées, betteraves...)
- Légumineuses (lentilles, haricots blancs...) ou céréales complètes (riz complet, quinoa...)
- Légumes cuits (courgettes, épinards, haricots verts...)
- Un fruit cuit (compote de pommes, poire pochée...)
Collation :
- Un yaourt nature avec quelques fruits secs (figues, pruneaux, abricots secs)
- Ou quelques noix, amandes
Dîner :
- Soupe de légumes maison (poireaux, potiron, céleri...)
- Poisson ou volaille avec légumes vapeur
- Pain complet
- Un fruit frais
Boissons à privilégier :
- Eau : au moins 1,5 à 2 litres par jour (les fibres ont besoin d'eau pour fonctionner)
- Jus de pruneaux : un petit verre le matin à jeun
- Eau chaude citronnée : le matin au réveil
- Tisanes : mauve, bourdaine (demandez conseil à votre pharmacien)
Astuce : les pruneaux peuvent être réhydratés la veille au soir dans un verre d'eau. Le lendemain matin, buvez l'eau de trempage et mangez les pruneaux.
Exemples de menus et boissons à privilégier avec diarrhée
À l'inverse, si vous souffrez de diarrhées liées à la chimiothérapie, il faut adapter votre alimentation pour ralentir le transit et éviter la déshydratation.
Les principes de base :
- Réduire les fibres insolubles (qui accélèrent le transit)
- Privilégier les aliments qui "resserrent"
- S'hydrater abondamment pour compenser les pertes
Exemple de journée "anti-diarrhée" :
Petit-déjeuner :
- Biscottes ou pain blanc grillé
- Gelée de coing ou confiture
- Thé léger (éviter le café qui stimule le transit)
Déjeuner :
- Riz blanc bien cuit
- Poisson ou volaille cuits à la vapeur ou grillés (éviter les matières grasses)
- Carottes cuites
- Compote de pommes (la pomme cuite est astringente)
Collation :
- Banane bien mûre (riche en potassium, elle aide à compenser les pertes)
- Ou biscuits secs type petit-beurre
Dîner :
- Pâtes blanches ou semoule
- Jambon blanc ou œuf dur
- Courgettes cuites sans peau
- Compote de coing
Boissons à privilégier :
- Eau : buvez régulièrement, par petites gorgées
- Bouillon de légumes : pour compenser les pertes de sels minéraux
- Eau de riz : faites cuire du riz blanc dans beaucoup d'eau, filtrez et buvez l'eau de cuisson
- Tisanes : thym, menthe (éviter les tisanes laxatives !)
- Solutions de réhydratation orale (type GES 45) en cas de diarrhées importantes
Important : si vous avez des diarrhées sévères (plus de 5-6 fois par jour), parlez-en rapidement à votre médecin. La déshydratation peut être dangereuse.
Les aliments à limiter selon vos symptômes
En cas de constipation, limitez :
- Les aliments très raffinés et pauvres en fibres (pain blanc, riz blanc...)
- Les fromages à pâte dure (très constipants)
- Les aliments très gras qui ralentissent la digestion
- L'alcool qui déshydrate
En cas de diarrhées, évitez :
- Les aliments très riches en fibres insolubles (crudités, pain complet, céréales complètes...)
- Les aliments gras et frits qui irritent l'intestin
- Les produits laitiers (sauf yaourts nature qui peuvent être tolérés)
- Les plats épicés
- Les fruits crus (sauf banane)
- Le café, l'alcool
- Les chewing-gums et bonbons sans sucre (contiennent des polyols qui favorisent la diarrhée)
Dans tous les cas :
- Mangez lentement, en mâchant bien
- Privilégiez plusieurs petits repas plutôt que deux gros repas
- N'hésitez pas à demander conseil à une diététicienne spécialisée en oncologie
Troubles digestifs sous chimio : gérer déplacements, travail et sorties
Check-list "kit discret" pour l'extérieur en cas de troubles digestifs
Quand on souffre de troubles digestifs pendant la chimiothérapie, l'une des grandes sources d'anxiété est de sortir de chez soi. Voici une check-list d'un petit kit à emporter partout avec vous pour vous sentir plus en sécurité :
Dans votre sac (discret et compact) :
- ✓ Sous-vêtements de rechange et un sac plastique opaque pour les ranger si besoin
- ✓ Lingettes intimes pour vous rafraîchir rapidement
- ✓ Papier toilette de poche (on ne sait jamais...)
- ✓ Mousse désinfectante pour se laver les mains sensibles
- ✓Crème barrière pour les peaux sensibles (type pâte à l'eau ou crème à l'oxyde de zinc) si vous avez des irritations
- ✓ Médicaments prescrits par votre médecin (anti-diarrhéiques, laxatifs doux...)
- ✓ Eau : une petite bouteille pour vous hydrater régulièrement
- ✓ Collation légère (biscuits secs, compote en gourde) selon vos besoins
- ✓ Application smartphone : certaines appli recensent les toilettes publiques proches (ex : "Où sont les toilets")
Pour les journées longues (travail, sorties) :
- Un change complet dans un petit sac à part
- Des protections (en cas de fuites mineures, des protège-slips ou protections légères peuvent rassurer)
Ce kit peut sembler impressionnant, mais tout tient dans une petite trousse discrète. L'avoir avec vous peut vraiment vous rassurer et vous permettre de sortir plus sereinement.
Vous pouvez également compléter ce kit, selon vos besoins, avec d’autres indispensables pendant les traitements :
Vêtements pratiques pour se sentir plus en sécurité avec des troubles digestifs
Le choix de vos vêtements peut vraiment faire la différence quand vous souffrez de constipation ou de diarrhées liées à la chimiothérapie.

Privilégiez :
- Des pantalons et jupes à taille élastique : faciles à enlever rapidement, confortables même en cas de ballonnements
- Des matières douces qui n'irritent pas la peau (coton, viscose...)
- Des coupes amples qui ne compriment pas le ventre
- Des couleurs sombres (noir, marine, marron) qui rassurent en cas de petite fuite
Évitez :
- Les pantalons à boutons multiples ou fermetures compliquées
- Les ceintures trop serrées qui compriment l'abdomen
- Les combinaisons ou bodies difficiles à retirer
- Les matières synthétiques qui ne respirent pas et peuvent irriter
Pour le ventre gonflé (fréquent en cas de constipation) :
- Des hauts fluides qui ne marquent pas
- Des robes empire ou trapèze
- Des tuniques confortables
Pour la nuit :
- Un pyjama facile à retirer si vous devez vous lever plusieurs fois
- Des sous-vêtements en coton doux
- Des bonnets de nuit chimio en coton, idéals pour garder votre tête au chaud.
L'objectif est de vous sentir à l'aise physiquement, mais aussi rassurée psychologiquement : savoir que vous pouvez aller aux toilettes rapidement si besoin réduit vraiment l'anxiété.
Repérer les toilettes et planifier ses déplacements
L'une des grandes sources de stress avec les troubles digestifs, c'est l'urgence : avoir soudainement besoin de toilettes et ne pas en trouver. Voici quelques stratégies pour anticiper :
Avant de sortir :
- Identifiez où se trouvent les toilettes accessibles sur votre trajet ou à destination (centres commerciaux, cafés, bibliothèques, gares...)
- Prévoyez un peu plus de temps pour vos déplacements, sans vous mettre la pression
- Si vous le pouvez, allez aux toilettes juste avant de partir
Au travail :
- Repérez les toilettes les plus proches et les plus discrètes
- Si vous le souhaitez, vous pouvez en parler à votre manager ou à la médecine du travail pour aménager votre poste (proximité des toilettes, télétravail partiel...)
- Gardez votre kit discret dans votre bureau ou casier
En voiture :
- Planifiez des arrêts réguliers sur les aires de repos
- Repérez les stations-service et centres commerciaux sur votre trajet
Dans les transports en commun :
- Privilégiez les places proches des sorties
- Repérez les stations avec toilettes
- N'hésitez pas à descendre un arrêt avant si vous sentez une urgence : mieux vaut marcher un peu que de vous retenir au risque d'un accident
Astuce : si vous fréquentez régulièrement les mêmes commerces ou cafés, devenir un visage familier peut faciliter l'accès aux toilettes ("client régulier").
Enfin, rappelez-vous que demander où sont les toilettes est parfaitement normal et que personne ne vous jugera. Votre santé et votre confort passent avant tout.
Quand alerter l'équipe soignante en cas de troubles digestifs
Les signes qui nécessitent une consultation rapide
La plupart du temps, les troubles digestifs pendant la chimiothérapie peuvent être gérés avec des ajustements alimentaires et des traitements légers. Toutefois, certains signes doivent vous alerter et vous inciter à contacter rapidement votre équipe soignante :

En cas de diarrhées, consultez rapidement si :
- Vous avez plus de 6 à 7 selles liquides par jour pendant plus de 24h
- Vous constatez du sang dans les selles
- Vous avez de la fièvre (au-dessus de 38°C)
- Vous ressentez des douleurs abdominales intenses
- Vous avez des signes de déshydratation : bouche très sèche, vertiges, urines très foncées ou très rares, grande fatigue
- Les diarrhées vous empêchent de manger et de vous hydrater correctement
En cas de constipation, consultez rapidement si :
- Vous n'avez pas eu de selles depuis plus de 3 jours malgré les mesures alimentaires et une activité physique douce
- Vous avez des douleurs abdominales très fortes, des crampes intenses
- Votre ventre est très ballonné et dur
- Vous avez des nausées et vomissements importants
- Vous constatez du sang dans les selles (peut indiquer une fissure anale due aux efforts)
Dans tous les cas :
- Ne laissez jamais traîner une situation qui s'aggrave
- N'ayez pas peur de "déranger" : la gestion des effets secondaires fait partie intégrante de votre traitement
- Préférez appeler plutôt que d'attendre votre prochain rendez-vous si vous êtes inquiète
Votre équipe soignante pourra ajuster vos médicaments, vous prescrire un traitement adapté (anti-diarrhéiques, laxatifs plus forts, anti-spasmodiques...) ou, dans les cas sévères, envisager une hospitalisation pour réhydratation.
Idées de phrases pour oser parler de troubles digestifs à son équipe soignante
Parler de constipation ou de diarrhées à son médecin peut sembler gênant, mais c'est absolument essentiel. Voici quelques phrases toutes faites pour vous aider à aborder le sujet :
Pour introduire le sujet :
- "J'ai un effet secondaire dont j'aimerais vous parler : j'ai des problèmes de transit depuis que j'ai commencé la chimio."
- "Je suis gênée d'en parler, mais j'ai vraiment besoin de votre aide pour mes problèmes digestifs."
- "Pouvez-vous me conseiller pour gérer ma constipation / mes diarrhées ?"
Pour décrire la situation :
- "J'ai des diarrhées [nombre] fois par jour depuis [nombre] jours."
- "Je n'ai pas été à la selle depuis [nombre] jours et je suis très ballonnée."
- "Mes selles sont très dures et douloureuses à évacuer."
- "J'ai des crampes abdominales et un besoin très urgent d'aller aux toilettes plusieurs fois par jour."
Pour exprimer l'impact :
- "Ça m'empêche de sortir de chez moi."
- "Je n'ose plus aller travailler / faire mes courses."
- "Je suis très fatiguée à cause des réveils nocturnes."
- "Ça affecte vraiment ma qualité de vie."
Pour demander des solutions :
- "Qu'est-ce que je peux faire pour améliorer la situation ?"
- "Y a-t-il un médicament que vous pourriez me prescrire ?"
- "Devrais-je consulter une diététicienne ?"
- "Est-ce que mes médicaments anti-nausée pourraient aggraver ma constipation ?"
Rappelez-vous : votre oncologue, votre infirmière et toute votre équipe soignante ont l'habitude de ces questions. Ils ont déjà entendu mille fois ce type de symptômes et ne vous jugeront absolument pas. Au contraire, ils seront soulagés que vous osiez en parler pour pouvoir vous aider.
Prendre soin de votre bouche fait aussi partie de la gestion globale de votre confort digestif pendant les traitements : découvrez nos soins pour la bouche adaptés à la chimiothérapie.
Conclusion
Les troubles digestifs pendant la chimiothérapie, qu'il s'agisse de constipation ou de diarrhées, sont des effets secondaires fréquents qui méritent d'être pris au sérieux, même s'ils restent souvent tabous. En adaptant votre alimentation, en préparant un petit kit discret pour vos sorties, en choisissant des vêtements confortables et surtout en osant en parler sans gêne à votre équipe soignante, vous pouvez vraiment améliorer votre quotidien.
N'oubliez pas que ces symptômes ne sont pas "de votre faute" et qu'ils ne sont pas définitifs : ils sont liés aux traitements et peuvent être soulagés. Chaque petit ajustement compte pour retrouver un peu de sérénité et de confort, même pendant cette période exigeante.
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